La «synthèse», souvenir du temps où il y avait «une» réalité.

26juin09

Longtemps, au vingtième siècle, les identités politiques regroupaient des proportions très importantes de la population. Les partis politiques dits « de gouvernement » s’adressaient alors à « leur » électorat.

Pour ce faire, il convenait de construire le discours « attendu » par cet électorat très homogène, presque unique.

Le parti socialiste semble avoir essayé de maintenir, dans ses pratiques, dans sa manière de construire son discours, cette ancienne idée de la nécessité d’un discours complet, unique, quitte à devoir faire la « synthèse » entre des sensibilités différentes (Pour autant que ses propres composantes recouperaient des composantes de la société, ce qui est loin d’être avéré).

À quelle réalité ce discours s’adresse-t-il aujourd’hui ?

Les identités sont morcelées, éclatées. UNE jeunesse ? UNE classe moyenne ? UN salariat ? LES citadins ? LA famille ? etc., etc. La nostalgie de l’unité nous guide toujours. Nous cherchons le centre de gravité, nous cherchons le discours équilibré qui sera à égale distance de tous, et alors nous ne parlons plus à personne.

La droite contemporaine semble avoir compris cela.

Il est frappant de voir à quel point son discours est haché, morcelé, séquencé. Mais chacune de ces séquences est particulièrement claire, forte, parlante pour tout dire.

La droite ne se soucie pas de faire la synthèse, elle laisse la réalité s’en charger. Cinq coups de barre à droite, un coup de barre à gauche, et le bateau tient son cap.

Notre défi : Proposer clairement une vision d’un intérêt général.

Nous devons intégrer cette réalité. Nous devons donner droit à cet approfondissement du processus démocratique que nous portons depuis toujours. Nous devons reconnaître l’aspiration à la libre composition des identités.

C’est même dans les conditions de possibilité d’exercice de cette liberté que nous pourrions retrouver un chemin vers une reconnaissance par chacun de la nécessité de donner droit à un intérêt général primant sur l’expression des intérêts particuliers qui s’ignorent sans cesse d’avantage les uns les autres.

À l’évidence, la droite contemporaine a su développer un discours et des modalités d’actions adaptés à cet éclatement des identités. Par contre, l’unité de cette action n’est pas formulée. Encore une fois, la réalité s’en charge. Et alors, toutes les ambiguïtés sont permises sur ce point, et même toutes les contradictions.

Nous devons quant à nous faire face à ce défi. Quelle reconstruction d’un intérêt général largement partagé par les individu(alisme)s contemporains ?

Si nous savons montrer que la poursuite du développement de la liberté individuelle présuppose une société, un espace public partagé, une implication civique au sens large, des valeurs partagés, des règles et des normes, alors tout ceci se formulera dans une reformulation inédite de l’intérêt général, qui ne sera pas une synthèse de tous les intérêts particuliers, mais la mise en évidence de ce dont ils ont tous essentiellement besoin.



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